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Pourquoi je ne calculerai plus mon bilan carbone : une réflexion sur « l’écologie culpabilisatrice »

par Jeremybackpacker
calcul bilan carbone

Cet article sur le calcul du bilan carbone fait directement suite à mon bilan sur l’année 2021, dans lequel j’explique que 2021 était la dernière année pour laquelle je calculais mon bilan carbone.

Malgré un mode de vie plus que minimal pour vivre dans un pays d’Occident (détail dans mon bilan), j’arrivais encore à 5,5 tonnes, soit 2,1 planètes. Avec un jour du dépassement personnel à la mi-juin. Très honnêtement, vu notre mode de vie nomade lent, notre consommation minimaliste et majoritairement végétale non transformée, être encore à plus de la moitié des « objectifs de 2 tonnes » me parait décourageant, voire surréaliste.

Ensuite, j’évoquais brièvement que ce fameux bilan carbone repose essentiellement sur « le jour du dépassement« . Or, et on va y revenir, ce « jour du dépassement » n’a aucun fondement scientifique.

À une époque où j’ai l’impression que des personnes perdent tout espoir sur fond de cataclysme climatique, comprendre qu’un des arguments principaux pour nous dire que « nous sommes foutus » n’était fondé sur…  Rien de scientifique, j’ai commencé à chercher, à essayer de comprendre.

Il est évident que l’impact de l’homme sur les écosystèmes, sur l’environnement et sur le vivant est colossal et doit drastiquement être réduit. Chose sur laquelle j’oeuvre avec mes choix / actions quotidiennes. Comme tout à chacun qui l’a compris, à sa propre échelle. Et je ne doute pas que tous ceux qui calculent leur bilan carbone le font avec l’intention de sensibiliser à la cause écologique.

Cependant, ces derniers mois, j’ai appris énormément de choses sur l’écologie « hyper culpabilisatrice du citoyen » et son narratif. Sur des solutions qui datent de centaines d’années qui n’ont jamais été exploitées. Sur « les icônes » pour le climat, aussi. J’ai questionné, j’ai creusé, et je t’ai donc compilé mes humbles recherches pour que tu te fasses ta propre opinion.

L’article est divisé en 6 parties (et la conclusion est peut-être la plus importante) :

DISCLAIMER : je ne suis absolument pas un expert, un climatologue, ni un journaliste (même si ça ne représente plus grand-chose aujourd’hui). Je ne prétends pas « avoir raison », ni « détenir la vérité ». Je suis juste un gars lambda qui aime partager des réflexions par écrit pour qu’on avance collectivement. Mais aussi pour faire passer un message ; ce sujet, comme bon nombre d’autres, sont encore et toujours des moyens de cliver la société.

1. Pourquoi je questionne le discours écologique « mainstream »

Il faut savoir qu’il y a encore 2 ans, je faisais partie de ceux qui partageaient régulièrement les publications d’Hugo Clément ou de Greta Thunberg sur Instagram. Je faisais des stories maladroitement moralisatrices pour inciter le monde entier à devenir végétarien. Et je culpabilisais énormément à l’idée de prendre encore l’avion à l’avenir.

Je me réveillais, transpirant et paniqué, après avoir rêvé de Greta me criant dessus :

greta thunberg how dare you

(Bon ok, je déconne.)

Tout n’a pas forcément changé. Comme je le répète désormais dès que j’aborde un sujet « tendax », RIEN n’est jamais tout blanc ou tout noir. Le monde est bien plus complexe que cela, et c’est justement car les débats ne sont plus assez poussés et nuancés qu’on tombe dans des réflexions binaires / qui divisent.

Or, ces réflexions binaires « oui » ou « non », « bien » ou « mal », « pour » ou « contre » arrangent bien le pouvoir en place. Diviser pour mieux régner est leur fer de lance depuis toujours. (Alors que le jour où on finira par comprendre qu’au final, qu’on veut tous la même chose, et que la cause de l’énorme majorité de nos problèmes actuels est justement le modèle et le pouvoir en place, ils ne feront pas long feu. Mais pour ça, il faut élever le débat selon moi..)

Donc, avant d’étaler mon raisonnement, je tiens à préciser que :

  • J’ai un mode de vie nomade lent : donc je ne possède pas de baraque que je chauffe à l’année, pas d’électricité, de conso d’eau folle quotidienne, etc.
    Et non, on ne compense pas par des vols à foison. On l’a pris 2 fois 3 heures en 2021, par exemple.
  • Je ne possède pas de véhicule
  • J’ai un régime principalement « plant-based » / végétarien
  • J’achète presque uniquement ce dont j’ai réellement besoin (quand tout ce que tu possèdes doit tenir dans un backpack, le minimalisme n’est plus un choix, haha)

Donc, sans faire le type, je pense avoir un impact bien moindre que la moyenne occidentale. (C’est bon, maintenant, je peux dire ce que je veux :D)

Pour en revenir à nos moutons.

Comme pour beaucoup de personnes (bien plus qu’on ne veut nous le faire croire), la crise “sanitaire” qu’on traverse a été une porte d’entrée à énormément de questionnements.

Sur la gestion et le narratif de cette crise-ci, d’une part, mais aussi et surtout, sur la façon dont « l’information » fonctionne. La manière dont les informations nous sont présentées, mais aussi les informations qui NE nous sont PAS rapportées.

Il est devenu évident, ne serait-ce qu’avec l’exemple de la crise « sanitaire » (sans rentrer dans le débat car ce n’est pas le sujet) que :

  1. Les informations présentées dans les médias de masse sont clairement tournées de façon à orienter notre façon de penser (pour ceux qui le nient encore, l’atterrisage risque d’être brutal…)
  2. Un tas d’informations capitales devraient nous être présentées également, mais qui ne le sont pas (cfr la censure historique des avis contradictoires, que ça soit dans les médias ou sur les réseaux sociaux. Mais les aussi flagrants conflits d’intérêts de politiques ou d’experts qui s’expriment publiquement sur un sujet). C’est donc à chacun d’entre nous, citoyens, de faire ce travail de réinformation, en restant critique et en croisant nos sources.

J’abordais d’ailleurs plus longuement le problème des médias de masse, avec notamment le fait que 10 milliardaires possédaient 90% des médias les plus suivis en France (alors que les médias ne sont plus rentables, drôles d’investissements) dans mon article sur les médias indépendants à suivre.

DONC.

Il n’est ni absurde ni incohérent d’imaginer qu’une part de désinformation est aussi possible sur les autres grands sujets de sociétés, y compris l’écologie désormais hyper culpabilisatrice du petit citoyen.

J’en arrive donc au point suivant.

2. Sommes-nous vraiment responsables des émissions de carbone mondiale et de la situation écologique actuelle ?

Avant que des activistes ne me tombent dessus, qu’on ne me fasse pas dire ce que je n’ai pas dit, je ne suis pas climatosceptique, il est évident qu’on doit drastiquement réduire notre impact sur nos écosystèmes et le vivant.

Chaque action de consommation est un choix. Aller au supermarché à 500 mètres en voiture au lieu d’y aller à pied ou à vélo, c’est un choix. Comme le simple fait de faire ses courses au supermarché, plutôt que de chercher un maraicher ou producteur local, d’ailleurs.

Mais, quand on y pense, avons-nous eu notre mot à dire dans la façon dont nos sociétés se sont développées ?

Ces questions n’ont pas pour but de se déculpabiliser, mais de réfléchir :

  • A-t-on choisi cette vie plus de plus en plus citadine à 100% à l’heure, au point que vivre sans voiture est impossible pour beaucoup ?
  • A-t-on choisi de vivre dans des bouchons polluants, car tout le monde doit aller dans les grandes villes pour travailler ?
  • A-t-on choisi d’une vie à courir après l’argent, car si tu veux être propriétaire un jour, tu as dû faire un emprunt sur 20 ans ? Donc que nos choix s’axent sur « ce qui est moins cher » et non sur « ce qui a le moins d’impact » ?
  • A-t-on choisi que les avions fonctionnent au fuel ?
  • A-t-on choisi de se prendre des centaines de pubs dans la tronche chaque jour en nous promettant que cet objet inutile va radicalement améliorer notre quotidien ? De vivre dans un modèle consumériste, alors qu’on nous dit que la solution est de décroitre ?

Ma question générale est donc :

A-t-on choisi de cette société consumériste, capitaliste, polluante et destructrice des plaisirs simples, et du vivant ?

Personnellement, non. Elle nous a été imposée, car le fric et le pouvoir en ont décidé ainsi. Je trouve ça absurde que ceux qui nous ont imposés de modèle capitaliste / consumériste sont désormais ceux qui nous reprochent de vivre dans ce modèle. Car c’est bien de ça qu’il s’agit lorsqu’on nous taxe davantage si on ne suit pas les tendances renouvelables, ou quand on nous culpabilise pour nos moindres faits et gestes, jusqu’à notre brosse à dents qui devrait être en bambou (importée de l’autre bout du monde, au passage).

L’exemple du biocarburant

Depuis toujours, des solutions alternatives et bien moins destructrices sont possibles. Elles ont simplement toujours été moins rentables, moins faciles à « facturer », moins faciles à contrôler / centraliser pour ceux qui les contrôlent.

Voilà un exemple une piste concrète dans cette vidéo d’Idriss Aberkane ; imagine si les compagnies aériennes produisaient leur propre bio jet fuel à base d’algues (car oui, on peut produire de l’hydrocarbure à partir d’algues, ça passait déjà au JT de TF1 en 2011) :

  1. Elles financeraient des cultures d’algues en bord de mer, ce qui boosterait les écosystèmes marins.
  2. Les vols pourraient devenir neutre niveau carbone

Mais eh, les énormes compagnies pétrolières perdraient de gros clients, donc perdraient de leur pouvoir, donc pas trop espérer que ces solutions soient financées et recherchées.

Je ne sais pas si c’est LA solution miracle, je pointe juste du doigt que ce n’est absolument pas connu du grand public, ni recherché, ni développé. Et il est aisé d’imaginer quelques études financées par les lobbys du pétrole pour nous dire que cette option n’est pas viable, pour s’assurer que rien ne change.

Et donc, si tu veux prendre l’avion, tu n’as pas le choix que de polluer, alors que tu pourrais potentiellement très bien le faire sans polluer, si ces options avaient été recherchées depuis 20 ans, par exemple.

Qui serais-je, moi, qui ai voyagé en Australie, Nouvelle-Zélande et Asie, pour aujourd’hui, dire aux suivants « ouais non en fait oublie l’avion stp ».

Les voitures électriques étaient déjà des meilleures options en.. 1900 !

Autre exemple : la voiture électrique, qu’on nous vend désormais comme le saint Graal obligatoire de tout bon écolo qui se respecte. Elon Musk a même été élu personnalité de l’année par le Time pour l’essort des voitures électrique en 2021.

J’ai récemment appris que la voiture électrique existait déjà en 1900 (même un peu avant) ! Tu parles d’une révolution vers laquelle on doit urgemment se tourner.

Pire que cela, les voitures électriques étaient très populaires à cette époque, plus rapide, plus simple d’utilisation et de démarrage, bref, des meilleurs véhicules que les moteurs « traditionnels ». En tout cas, dans les villes.

Car oui, forcément, on était au début, donc autonomie limitée, principe des bornes de recharge à développer, etc. (Mais imagine où on en serait aujourd’hui, 120 ans plus tard, si ces solutions avaient été développées durablement dès le début des années 1900 ?)

Qu’est-ce qui a bien pu tuer les voitures électriques dès 1920, alors ? Le lobbying par la publicité et la propagande pour les véhicules à combustion, bien vu.

Voilà une vidéo pas mal sur le sujet (même si y a des choses discutables), mais l’histoire y est bien résumée je trouve :

Et désormais, on nous vend l’électrique comme une obligation citoyenne. Car nous, vilains humains, conduisons des véhicules essence qui ont été la seule option pendant des dizaines d’années. Se foutterait-on un peu de notre poire ?

Je ne suis pas un expert en voiture électrique. Mais, de base, imaginer qu’un robot électrique dirige ma voiture en automatique, je n’aime pas, je n’adhère pas. Au-delà de ça, mon peu de connaissances me dit que les batteries de ce type doivent nécessiter énormément de ressources à aller puiser partout sur terre. Puis, quid des batteries qui s’usent ? Poubelle en Asie ou en Afrique ? Enfin, comment va-t-on produire cette quantité phénoménale d’électricité si tout le monde doit charger sa caisse tous les jours ? L’Allemagne dépend énormément des centrales à charbon, donc vont-elles devoir tourner bien plus pour produire cette électricité ? Je pose la question.

Bref, ça j’y reviendrai dans la partie sur « le problème avec l’énergie renouvelable ».

3. On se trompe sur l’énergie ?

Au final, le problème global, hormis les couts de production faramineux, c’est l’énergie (et ces couts de production sont une conséquence du choix de l’énergie utilisée, qui plus est).

Là aussi, il semblerait que l’énergie soit toujours limitée, qu’on finira par en manquer tôt ou tard, donc il faut qu’on panique et qu’on perde espoir, « on est foutu ».

Oui, si l’on parle de l’énergie telle qu’on la conçoit actuellement.

Là aussi, ça nécessite des recherches et de croiser les sources, mais j’ai commencé à découvrir les travaux de Nikola Tesla (rien à voir avec la boite d’Elon). Auteur de 300 brevets, il est considéré comme un génie qui, dès la fin des années 1800, travaillait déjà sur des formes d’énergie qui produiraient plus (+) qu’elles ne consommeraient.

On parle même de l’énergie libre de Tesla, car il aurait en effet travaillé sur une façon de produire de l’énergie en quantité infinie et accessible à tous (j’suis pas physicien, mais c’est via des champs électromagnétiques et un moteur quantique).

L’histoire raconte que ces solutions ont été cachées et boycottées. Pourquoi ? Car une énergie infinie n’est pas quantifiable, donc tu ne peux pas bâtir une fortune en facturant le litre de pétrole ou des kilowatts. Dès lors, les énergies fossiles, combinées au capitalisme, ont permis aux plus riches de ce monde d’accroitre leur fortune sur couvert “du progrès nécessaire à la croissance ».

Je ne l’ai pas encore regardée dans son entièreré, mais j’ai vu quelques passages de cette interview de ThinkerView qui parle de l’énergie de Tesla (j’ai mis le timer au bon passage, chic type) :

Bien sûr, tu trouveras énormément d’infos, mais aussi de récits pour décrédibiliser les travaux de Tesla. Par contre, depuis que j’ai compris qu’on vivait dans un monde où Gates est présenté comme le plus grand des philanthropes et Raoult (reconnu mondialement comme l’un des meilleurs dans son domaine depuis toujours) comme le pire des pestiférés, je me base avant tout sur mon opinion, mes recherches et mon esprit critique.

Je pense qu’une des plus grandes fausses croyances véhiculées par l’écologie moderne est que le progrès et le respect de notre environnement sont indissociables.

SI des pistes comme celle des énergies libres de Tesla avaient été développées depuis 2 siècles (imagine !), si la science et la technologie avaient été au service total, depuis la base, du bien être collectif ET du respect de notre environnement, nous vivrions dans un monde presque inimaginable aujourd’hui.

Autre approche intéressante sur notre rapport à l’énergie (plus philosophe) :

4. Le problème avec le bilan carbone (et son message..)

Qu’est-ce que le bilan carbone ?

« Le bilan carbone lié à la fabrication d’un produit ou à l’activité d’une entité humaine est un outil de comptabilisation des émissions de gaz à effet de serre. Il tient compte de l’énergie primaire et de l’énergie finale de ces produits et services. »

L’objectif est donc de diaboliser le vilain CO2, qui serait la seule et unique cause de tous les problèmes. Je vois notre belle planète Terre comme un cycle où tout est pensé pour coexister en harmonie, où tout est prévu.

Le CO2 est utile, notre écosystème en a besoin, les arbres, les algues se nourrissent de CO2. On émet du CO2 en expirant. Le problème n’est pas le CO2 en soi. Sauf si le message in fine est de nous dire que nous sommes le problème ? Au point que certaines personnes décident de ne jamais avoir d’enfant.. On réduirait donc un nouveau-né à ses émissions de CO2 ? J’veux bien respecter toute opinion, mais ce raisonnement, j’ai vraiment du mal.

Le bilan carbone repose sur le « jour du dépassement ». Or, je le disais en début d’article, ce jour du dépassement n’a pas de fondement scientifique. À tel point que les grands médias qui nous le spamment chaque année, sont obligés d’en parler. Donc tantôt ils nous balancent cette info, tantôt ils disent que ce n’est pas si fiable que cela..

Et voici une autre vidéo qui explique les approximations faites dans ce calcul par l’ONG Global Footprint Network, initiatrice de cette théorie :

L’hyperculpabilisation du citoyen est aussi un outil pour nous détourner du vrai problème de fond, qui est le modèle actuel dans son ensemble, régi par le fric et le pouvoir (sur les masses).

Comme le sont le racisme, le féminisme, les inégalités sociales, la protection du vivant, etc. ; toutes ces causes sont importantes, mais sont entretenues, véhiculées (et parfois financées) pour continuer de nous séparer entre tous ces combats, au lieu de nous permettre de s’unir pour pointer du doigt les vrais responsables (souvent les mêmes, fruits du modèle capitalistique).

Donc, non, je ne ferai plus mon bilan carbone. Car cela revient à prendre part à ce « piège ». Certes, l’idée d’inciter à réduire notre impact quotidien est bonne, mais il est davantage utilisé pour hyperculpabiliser chaque fait et geste dans une société qu’  »ils » nous ont imposée.

Me prétendre écolo-modèle et vous faire culpabiliser car mon bilan carbone est plus faible que la moyenne serait hypocrite à mes yeux.

Je n’ai plus besoin de comptabiliser mes moindres faits et gestes pour être un humain conscient de son impact.

Mes choix de vie, mes actes, ma prise de conscience et ma volonté de partager ces réflexions ont, à mes yeux, bien plus d’effets positifs que de réduire ma vie à des tonnes de carbone dans un monde qui en dépend encore majoritairement.

De plus, cette fixette sur le CO2 est réductrice du problème écologique, l’hyperbetonnisation est aussi un problème majeur.

L’eau est de moins en moins drainée en profondeur par les sols, alors que ce phénomène participe grandement à la régulation de la température de notre planète. Or, on n’en entend absolument pas parler, étrangement.

(Peut-être qu’un jour on nous mettra sur le dos les milliers de centres commerciaux un peu partout. Que les centres commerciaux sont là car les gens y vont, alors que les gens y vont car ils sont là. Je n’ai jamais vu une pétition pour faire construire un nouveau centre commercial. Par contre, j’en ai déjà vu CONTRE la construction de certains. Pas toi ?)

5. Le problème avec l’écologie durable et les icônes pour le climat

Pour terminer, dernier point plus général.

D’une part, sur les solutions qu’on nous vend comme « durables », sur les « énergies renouvelables ». Là aussi, on nous dévoile uniquement ce qui permet à ce narratif d’être bien reçu.

La logique veut que pour réduire son impact, on consomme moins, on répare, on évite d’acheter du neuf.

Par exemple, garder son vieux t-shirt Nike jusqu’à l’usure est plus écolo qu’aller acheter 3 nouveaux t-shirts faits en coton bio, on est d’accord.

Bah pour les voitures électriques, c’est pareil. On nous vend qu’il faut, à terme, remplacer tout le parc automobile mondial par de l’électrique, imagine l’énergie et la pollution titanesque de ce projet ? Combien rachètent une voiture électrique alors que leur voiture fonctionne toujours ? Quid de toutes les carcasses de bagnoles ?

Quant à l’éolien, à l’hydrogène, oui, ce sont des pistes. Je ne suis pas expert, mais de ce que j’ai compris, ces solutions sont à des années-lumière de pouvoir compenser ne serait-ce qu’une partie de l’énergie mondiale nécessaire.

La transition énergétique en Allemagne, souvent citée comme un exemple, est jusqu’à présent un énorme échec. Au point qu’elle doit relancer ces centrales à charbon (quand il n’y a pas assez de vent ni de soleil, par exemple).

Ce qui m’amène au dernier point ; que font les influenceurs / activistes experts en climat ? Qu’autrefois je suivais et dont je buvais aveuglément les discours ?

Comment, si ce combat est devenu le combat de leur vie, ne sont-ils pas au courant de tout ce que je cite dans l’article ? Pourquoi n’en parlent-ils pas ? Ou pourquoi ne soulèvent-ils pas ces questions ?

Certes, Hugo Clément, dont j’ai lu le bouquin « pourquoi j’ai arrêté de manger les animaux » m’a définitivement convaincu d’aller vers un régime en énorme majorité plant-based. Mais quid du reste ?

Quant à Greta, j’ai appris à douter aussi. Si une ado est devenue en quelques années une icône mondiale pour le climat, c’est bien parce que ceux qui possèdent ces mêmes médias l’ont voulu et y voient un intérêt.

Ensuite, quand tu creuses sur sa mise en lumière, dès le tout tout début, il y a des intérêts financiers. Comme expliqué dans cette vidéo :

Quand je vois qu’elle est invitée aux plus grands sommets partout sur terre, j’ai peur qu’elle soit, à son insu ou non, instrumentalisée. Pourquoi les plus puissants de ce monde inviteraient volontairement une ado pour se faire insulter ? Si ça les dérangeait vraiment, ils s’arrangeraient pour qu’on n’en entende plus jamais parler, comme c’est souvent le cas avec les discours qui « dérangent ».

Enfin, et là, libre à vous de faire vos recherches, mais à plusieurs reprises, les messages portés par Greta et d’autres célébrités « écolo » ont eu des intérêts géopolitiques, mais là c’est complexe et chiant, donc je vous laisserai faire vos propres recherches.

6. Ton avis sur l’écologie et le bilan carbone ?

Conclusion brève, je tiens à rappeler une dernière fois que notre impact sur les écosystèmes et le vivant est monstrueux et qu’on doit drastiquement revoir notre façon de vivre et de consommer.

Mais j’ai décidé de prendre le temps d’exposer un raisonnement plus nuancé.

Arrêter de culpabiliser pour mes moindres faits et gestes, car, concrètement, même avec de monde de vie aussi sobre qu’est le mien, je suis « sobre » dans une société occidentale polluante telle qu’elle l’est. Et jusqu’à ce que j’aie les moyens d’avoir mon petit havre de paix qui tendra vers l’autonomie, bah je ferai de mon mieux.

Car on doit faire de son mieux, oui. Mais faire de son mieux, ce n’est pas faire des marches pour le climat et finir au McDo. Je n’ai plus envie de faire l’écolo engagé avec un bilan carbone partagé sur Instagram depuis un iPhone.

J’espère aussi qu’avec cet article, cela nous fera réfléchir au vrai « combat ». Croire qu’on peut négocier avec les dirigeants du modèle actuel est une chimère. Les COP21 ou les Accords de Paris sont-ils vraiment faits pour changer les choses, ou pour nous faire croire qu’il y a une pseudo « volonté de » ? Je penche davantage vers la seconde option.

S’ils prenaient les rapports du GIEC si « au sérieux », ils agiraient, car sinon, eux aussi perdraient tout dans un futur pas si lointain. Or, aucun accord n’est jamais respecté, de toute façon. Oui, des gars comme Jancovici savent de quoi ils parlent, donc il faut développer des solutions avec des experts comme lui, mais pas pour qu’on nous répète en boucle que tout est foutu, de toute façon.

Mon message n’est donc pas « j’arrête de calculer mon bilan carbone » et je m’en fous, ce titre est plus symbolique qu’autre chose. Mais je pense sincèrement que le message derrière est néfaste, et participe à la manipulation du narratif de l’écologie que je ne tolère plus.

Il faut se rendre à l’évidence, que cela soit dans le domaine de la santé, de l’écologie, des inégalités sociales (et plus récemment du coco), il devient important de questionner les solutions et les directions qui nous sont imposées.

Dans la santé, as-tu l’impression que celle de tous s’améliore ? On peut traiter certaines maladies, mais quid des causes de toutes ces maladies ? On vit plus longtemps oui, mais car on doit moins se tuer à des tâches physiques / dangereuses.

Écologie, ça fait des dizaines d’années qu’on sait qu’on fait de la merde. Mais aussi des dizaines d’années qu’on prédit des « régions du monde sous les eaux » (déjà dans des JT des années 80 – 90 si tu fouilles). Je n’ai pas l’impression que notre impact s’est réduit, au contraire, alors comment ne pas questionner le narratif global ?

Les inégalités sociales n’ont jamais fait que s’aggraver, le fossé riche – pauvre est toujours plus grand, avec une classe moyenne vouée à disparaitre si on laisse faire.

Attendre les solutions de ceux qui créent ces problèmes n’est pas la solution, si tu veux mon avis. Elle viendra de nous, ensemble, unis. Mais pour cela, il faut qu’on soit assez à le comprendre.

Ma réelle conclusion est celle-ci : oui, on peut agir pour le bien-être collectif et notre environnement ET questionner les narratifs et les solutions imposées par ce même pouvoir qui nous mène en bateau depuis toujours. (Et je pense même qu’on arrivera bien plus vite à des vraies solutions quand on décidera collectivement de « où doit aller notre argent » et comment régler ces problèmes en écoutant des experts bien intentionnés sans conflits d’intérêts).

L’article m’a demandé beaucoup de temps et pas mal de recherches pour compiler et organiser tout cela. On pourrait en parler pendant des heures, de toute façon, mais j’ai fait ma part.

N’hésite pas à le partager autour de toi, ou à tes potes qui, comme moi autrefois, croient que Greta va tous nous sauver. Se questionner est la clé pour un jour tous s’unir et reconstruire ensemble.

Enfin, je t’invite aussi à me dire ce que tu en penses via les commentaires, ton ressenti sur tout ça ? Que tu sois d’accord ou pas, le but c’est de discuter et d’échanger. Et j’aime le fait qu’il y a de plus en plus de commentaires sous les articles pour cela !

Prends bien soin de toi

Backpackeusement,

Jérémy

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2 Commentaires

Fabienne 24/12/2021 - 12:12

Hello Jérémy,
Ton article est intéressant et je te rejoins sur pas mal de points. Nous en avons déjà discuté à de nombreuses reprises et clairement, je crois davantage en l’idée de consommer moins que de simplement attendre que la technologie nous vienne en aide pour « compenser » nos folies des grandeur. Acheter local, bio, durable etc c’est bien, mais uniquement si c’est pour acheter ce dont on a besoin et non ajouter un 15ème bonnet à sa collection (car non un bonnet, même éco conçu par des personnes en situation de handicap dans le Larzac avec des matières recyclées n’est PAS un geste écolo si on possède déjà une collection de bonnets).
Là où je ne rejoins pas c’est sur cette notion de « tout ne me plait pas dans un modèle, donc je le rejette dans son intégralité ». Un système, bien que non parfait a ses avantages et changer des choses demande un réel effort collectif ainsi que du temps. Il en va de même pour les militants du climats comme Greta ou Hugo Clément. Questionner et remettre en doute est une bonne chose, décrédibiliser l’ensemble d’un discours car certains éléments nous gênent me parait bien trop radical. Est-ce que j’adhère à absolument tout ce que dit Greta et Hugo? Probablement non… Mais est-ce que je pense qu’il est vraiment important que la parole soit prise et que les consciences s’éveillent? Oui! Tu le dis toi-même, tu buvais leurs paroles il y a quelques années. Depuis ton raisonnement a évolué/changé. Ma question? Aurait-il même débuté si tu n’avais pas pris conscience de certaines choses en les lisant à l’époque? Publier un bilan carbone ne changera pas le monde je te l’accorde… mais en voyant certains le faire, je l’ai fait une première fois il y a quelques années « pour voir ». Ca n’a pas eu l’effet d’une bombe, mais cela a clairement amorcé bon nombre de réflexions que j’ai aujourd’hui. Ils ne sont pas parfaits, mais ils aident (selon moi) à prendre conscience de l’ampleur de la tâche qui nous attend. Bref, pour ma part je continuerai très certainement à les publier. Pas pour culpabiliser ni pour changer le monde, mais simplement avec l’idée que cela amorcera peut-être quelques réflexions. Dans ta réflexion tu sembles rejeter tout ce qui est en place (ok), ceux qui parlent publiquement pour changer les choses (why not), mais concrètement, tu verrais faire quoi?

Répondre
Jeremybackpacker 24/12/2021 - 13:17

Hello Fabienne !

Merci d’être passée par ici et de m’avoir lu (déjà ! Sachant que je n’ai pas encore parlé de cet article ni du bilan, car il m’arrive de relire ce type d’articles 2-3 jours après pour reformuler des parties etc.)

Voici encore un autre sujet à ajouter à notre liste de thèmes à aborder pendant de longues heures autour d’un bon feu et de bonnes bières (ça commencerait à faire beaucoup de bières !)

Concernant le bilan carbone, je me doutais que cela vous ferait réagir. Et pour cause, vous avez fait partie de ceux qui m’ont incité à le faire depuis désormais 3 ans (je ne vous citais plus dans celui-ci, car ça aurait fait un peu lèche-bottes de le faire chaque année, haha).

Alors, concernant le « ce modèle ne me plait pas, donc je le rejette ». Malheureusement, je pense que nous avons désormais 2 visions de ce monde très distinctes. Je ne sais pas si tu as par exemple regardé le docu « who owns the world » partagé à Benoit dans ma réponse à son commentaire sur le voyage avec QR code ?
Je ne sais pas trop comment le formuler avec bienveillance, mais je pense que la majorité des gens n’ont pas idée de comment notre monde fonctionne réellement aujourd’hui.

Comme beaucoup le disent désormais plus « platement » : « l’atterrissage va être brutal pour certains ».
Alors oui, il y a du déni, mais je pense qu’il y a aussi, pour beaucoup, une part de « bonté naturelle » qui refuserait de voir le degré de manipulation dans lequel nous vivons ».
Il n’y a rien de « théorie », ni de comploplo, juste des faits vérifiables par soi-même (notamment dans le docu who owns the world qui montre très bien cela).
Après, accepter que, sur un peu près tous les grands sujets d’aujourd’hui, le narratif est orienté, c’est très compliqué.

Et je pense que l’écologie et le climat n’y échappent pas.

Je le dis en tout début d’article je crois, bien sûr que tous ceux qui font et partagent ce bilan carbone le font avec une bonne intention. Pas l’ombre d’un doute là-dessus.
Et bien sûr que ça incite sûrement à « faire attention ».

Mais, si je m’écoute, et si je suis les faits, le « vrai combat » n’est pas là.
Alors oui, sans nier ni oublier les enjeux écologiques présents et futurs, je rejette ce modèle dans son entiereté.
Et pour moi, croire que « faire ce qu’on nous dit de faire » est la solution est une chimère.

Attendre que les vraies solutions viennent de ceux qui ont créé tous ces problèmes est une chimère.
Tu crois vraiment que les plus hautes instances qui se réunissent pour les COP21 et les Accords de Paris s’en soucient vraiment ?

J’avais lu une étude que je n’ai plus retrouvée donc je ne l’ai pas citée, que même si toute la France devenait vegan, sans voiture et vivait « parfaitement » d’un point conso responsable, ça ne réduirait que 20 à 25% des émissions. Cela montre bien tout nous remettre dessus est une chimère (faudrait que je retrouve l’étude pour valider l’argument, j’suis d’accord).

Ce qu’il est impossible d’expliquer ou de développer en quelques lignes, c’est que le narratif écologique actuel est voulu pour justifier une nouvelle direction, de nouveaux modèles sociétaux qui se mettent progressivement en place, et qui ne seraient acceptés uniquement avec l’argument écologique.
Ou, dans un présent plus immédiat, pour de l’influence politique.

Encore une fois, il faut suivre l’argent, et ce sont toujours les mêmes noms qui reviennent. Mais pour cela, il faut chercher ailleurs.
Mes articles sont là pour « planter des graines », ensuite, libre à chacun d’avoir son opinion et de camper dessus, ou de vouloir creuser plus loin car ce que je raconte a du sens.

Le problème, c’est qu’on peut désormais difficilement dire des choses « non politiquement correctes » tant elles sont ancrées.
J’ai déjà discuté avec un climatologue avec des années d’expérience, qui m’expliquait que la planète avait et aura toujours des cycles, et certes, on a un impact, mais que la planète se réchaufferait aussi si on n’était pas là. Et que selon lui, on en faisait des caisses…
Sauf que ce discours-là, il me disait presque ne plus pouvoir l’avoir, alors qu’il est mieux placé que 99% des gens pour en parler.

Est-ce que je pense qu’une partie du narratif écologique est volontairement accentué pour des intérêts politiques, d’influence et de pouvoir ? Oui, la peur d’une fin cataclysmique devient presque un argument irréfutable.
Est-ce que je pense que des personnalités comme Greta sont instrumentalisées ? Oui..
Pourquoi cette cause visait surtout des ados, et ne serait pas portée pas par des milliers d’experts et scientifiques qui crierait à l’urgence d’une seule voix afin de mobiliser le monde entier à sortir dans les rues etc ?

(Petite vidéo sur le sujet : https://www.youtube.com/watch?v=SvqGVJE6i2s)
(Et une autre sur les manifs en Inde : https://www.youtube.com/watch?v=voDhf2MCYRU)

Est-ce que, pour autant, je deviens climatosceptique et je m’en fous du vivant, des écosystèmes et de la biodiversité ? Absolument pas. Mais plus que mes mots où ceux que je « veux suivre », je préfère mes actions quotidiennes.

« Que faire » ? Bah dans ma logique, arrêter d’écouter ceux qui créent les problèmes est un bon début.

Ensuite, je ne sais pas si ça fait de moi un « pro effondrement », mais ce modèle doit malheureusement changer radicalement et en profondeur. Les banques et les plus riches de ce monde ne doivent plus tout contrôler.
Et c’est ensuite qu’on pourra reconstruire en développant des solutions bien plus durables et logiques (quelques pistes sont évoquées dans l’article).

Mais pour cela, il faut questionner et ouvrir le débat selon moi, et ça doit être le fruit d’un cheminement et de recherches personnelles également. Autre que le narratif imposé, pour ensuite se faire son opinion avec un vrai libre arbitre et avec plusieurs sons de cloches opposés. Ne plus avoir le droit de questionner les choses peut aussi s’avérer un danger dans des États de Droits.

Comme toujours, je ne prétends pas détenir une quelconque vérité, je questionne et je partage des réflexions, et libre à chacun et chacune d’avoir son opinion là-dessus.

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